Les 100 premiers jours d'un DSI de transition
il y a 4 semaines, 1 jour
J'ai pris mes fonctions dans une ETI industrielle l'an dernier, après le départ précipité du DSI titulaire. Le mandat affiché : « stabiliser et préparer une transformation ». La réalité, comme souvent, ne ressemblait que de loin à la fiche de poste.
Mes deux premières semaines, je n'ai presque rien décidé. J'ai écouté. Une trentaine d'entretiens, du CODIR aux administrateurs systèmes, plus quelques métiers qui ne parlaient déjà plus à la DSI. En parallèle, un audit flash : contrats fournisseurs, dette technique, posture de sécurité, portefeuille projets. J'ai vite compris que le « gros chantier ERP » annoncé masquait une sauvegarde qui n'avait pas été testée depuis huit mois. Voilà le vrai sujet.
J'ai donc cherché deux quick wins crédibles. Remettre d'aplomb la chaîne de sauvegarde, et clôturer trois projets zombies qui pompaient du budget sans livrer. Rien de glorieux, mais les équipes ont vu que le diagnostic se traduisait en actes, et la DG que je ne fuyais pas l'inconfort.
En parallèle j'ai dressé ma carte des risques, celle du « qu'est-ce qui nous fait tomber demain ». Puis un plan à 90 jours, écrit à quatre mains avec l'encadrement en place. Pas mon plan : le nôtre.
Ce que je referais autrement ? J'ai d'abord adopté une posture trop prudente avec un manager toxique, par respect de l'existant. J'ai attendu six semaines pour trancher. Six semaines de trop. Respecter l'existant ne veut pas dire tolérer ce qui abîme l'équipe.
Le piège du sauveur, lui, je le connais trop bien pour y retomber. Personne n'attend qu'on rase la maison le premier mois.
Et vous, comment abordez-vous ces 100 jours ? Quelle est votre première décision irréversible, et celle que vous gardez sous le coude ?